Santé Publique France : quand la conversation accompagne le changement

Quand l'InVS, l'Inpes, l'Eprus (1) et le GIP Adalis, établissements publics dédiés à la santé, s’unissent pour créer Santé publique France, l'agence dont la mission est de protéger efficacement la santé des populations, … se pose pour chacun en interne la question du connaître -les autres-, du comprendre -ce qu’ils font- et du faire corps -développer une nouvelle culture garante de la cohésion et de l’efficience-. Comment initier cette démarche, quelle approche, quelle méthode ? Place à la conversation !

« Nous voulions marquer la réunion physique des quatre entités, sur un même site, ici à Saint-Maurice en région parisienne, explique Anne Robion (2), à travers une réunion engageante. Un événement symbolique. » La tâche n’était pas mince, car il s’agissait de faire se découvrir une cinquantaine de métiers, en échappant au rituel forum des métiers avec des stands, certes efficace, mais jugé trop descendant, passif, voire monotone … Il faut que le passage à la nouvelle entité soit marqué du sceau de la modernité, et même de l’innovation. Avec une touche de ludique. Pour donner le ton.
Une proposition autour de la conversation

« Sur proposition de notre agence, poursuit Anne, nous avons assisté au cycle de trois soirées, intitulées Conversation #1, #2 et #3 où de grandes voix françaises et internationales, ainsi que des participants à l’exposition « Carte blanche à Tino Sehgal », venaient discuter des multiples échos qui se tissent entre l’œuvre de l’artiste, la philosophie et les sciences humaines d’aujourd’hui. Nous avons vu ainsi ce qui pouvait se faire autour de la conversation. Du coup, nous avons décidé de sélectionner 7 métiers emblématiques, et de proposer un voyage dans l’Agence, afin que les personnes discutent, apprennent à se connaître, soient en situation de dire, à la fin de la journée, « J’ai compris ce que c’est ». Et que s’initie une culture commune. » Un voyage donc, dans les métiers, valorisant les expertises et les coopérations existantes ou potentielles. Voyage aussi, plus prosaïquement, pour familiariser les agents avec les trois bâtiments qui constituent le siège de la nouvelle entité.

Pour chacun des grands métiers sélectionnés, l’équipe projet lance un appel à des ambassadeurs, deux par métiers. Des ambassadeurs, pour rester dans la métaphore du voyage, dont la mission est d’accueillir leur public et de lui donner une idée de leur métier.
« Nous les avons coachés, souligne Anne, et les avons fait travailler sur la façon dont ils allaient aborder les groupes. La consigne était d’entrer en contact avec eux à travers une anecdote, qui crée de l’intérêt, de la proximité et qui facilite la mémorisation. » Le tout, dans un temps contraint qui donne un rythme enlevé à l’ensemble. Des kakemonos complètent l’accueil des ambassadeurs par leurs messages clés et leurs visuels et sensibilisent à la nouvelle charte graphique.
Le dispositif est lancé via l’intranet : 300 agents sur les 450 sur site s’inscrivent à la journée, ponctuée par un déjeuner où tous, inscrits comme non-inscrits, sont conviés.

Converser pour découvrir, s’enrichir

Les participants sont organisés en groupes de 20 personnes que l’on pousse à se séparer de celles avec qui ils sont arrivés : il faut faire connaissance ! Ces voyageurs vont circuler de métier en métier (des continents), passeport en main et carte, (instance gouvernance, métiers). Enfin des posters initient aux métiers non représentés (souvent des fonctions support : marchés, informatique, …), des vidéos sous-titrées placées dans les endroits stratégiques du parcours finalisent les présentations. Les images sont réutilisables pour l’intranet. Des poufs de couleurs événementialisent le parcours. Un concours lance également un dispositif « Vis ma vie », avec, une journée à vivre en Cellule en Région (CIRE), pour premier lot, dans la direction de son choix, pour les deux suivants.
« Les agents se sont prêtés au jeu du temps limité, qui a été respecté, frustrés parfois de devoir interrompre le flux de questions, mais heureux de la dynamique de leur voyage. Même les mots d’introduction portés par les Dircom et DRH ont respecté la consigne de l’anecdote et le Dg a également joué le jeu dans sa conclusion. Nous avons été très surpris par les très bons retours, s’étonne encore Anne, cela fait plaisir ! Que ce soit via l’intranet par les articles likés, et les très bons commentaires sur le sujet, ou par les déclarations informelles. Les gens viennent spontanément nous voir sur la qualité de l’organisation. D’habitude, nous avons des retours, surtout pour nous dire ce qui ne va pas. »
Le mode de la conversation pour découvrir les métiers, l’anecdote en amorce, le faire ensemble pour l’échange, a plu, a été jugés « adéquat », « original ». Les ambassadeurs ont fait preuve de flexibilité, détaillant leur métier par les questions de leur public. Au final, cela s’est avéré valorisant. « Chacun a compris qui faisait quoi et il y a eu beaucoup d’intérêt à mettre des visages sur des noms, conclut Anne. Cet événement a jeté des ponts entre certains agents pour de futures collaborations entre anciennes agences (épidémiologie, prévention, …). Il a créé du lien, fait découvrir les grands métiers et participé à la création d’une culture commune. Le format de la conversation casse les codes du séminaire, de l’exposé, il a étonné et a été apprécié. Et déjà des propositions s’élèvent pour poursuivre avec d’autres métiers … »

© Santé Publique France

Découvrez votre niveau de conversation (en cliquant ici)

(1) InVS : Institut de veille sanitaire
Inpes : Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé
Eprus : Etablissement de Préparation et de Réponse aux Urgences Sanitaires
Adalis : Addictions Drogues Alcool Info Service 

(2) Responsable de l’unité valorisation institutionnelle – Direction de la communication et du dialogue avec la société

Crédits photos :
(1) Imaginair
(2) Santé Publique France

Suivez-nous et partagez